
Aujourd'hui a eu lieu la première pelletée de terre virtuelle du projet hydro-électrique Eastmain 1-A d’Hydro-Québec.
On détournera sur une distance de 314 km, la Rupert, l'un des derniers grands fleuves encore à l'état sauvage de la Terre. Ce chantier de 5 milliards de dollars prévoit la construction de 4 barrages, 75 digues, un tunnel de 3 km, permettant à la société d'État de rediriger vers le nord jusqu'à 70 % du débit du fleuve vers le complexe Eastmain-La Grande. Conséquence de ce détournement provoqué: on inondera 346 km² de territoire. Le poisson sera alors impropre à la consommation pendant au moins quinze ans. Car le taux de mercure dans sa chair deviendra trop élevé. Ce n'est pas une bien bonne nouvelle pour les Cris qui s'en nourrissent sur une base régulière. Après ça, vous me ferez à croire que l'hydro-électricité est une forme d'énergie propre.
Le premier ministre Jean Charest se frotte déjà les mains intérieurement puisque cette annonce lui amènera des votes. Cela est pratique quand on envisage de déclencher des élections dans un avenir proche.
De son côté, le président d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, savoure le fait que la société d'État va pouvoir davantage vendre de l'électricité aux Ontariens et aux Américains. Pour des arrivistes et des gens qui gouvernent à courte vue, ce type d'annonce est courant. Mais construire de tels barrages demeure du vandalisme écologique. Nous sacrifions notre patrimoine en mettant de l'avant une forme de développement économique archaïque, rétrograde et néfaste à long terme.
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