Je suis encore abasourdi par l'annonce faite jeudi dernier concernant la construction de la centrale hydro-électrique Eastmain 1-A. Le plus choquant dans tout ça, c'est de constater l'inconscience totale de nos dirigeants par rapport aux enjeux environnementaux de demain. Les ingénieurs d'Hydro-Québec vont tout bonnement harnacher l'un des derniers grands fleuves encore intacts sur la planète et on reste là à ne rien faire et à ne rien dire. La Rupert sera dérivé sur une distance plus grande encore que l'écart séparant les villes de Montréal et de Québec. Cela est considérable. Sans parler du fait qu'il faudra bien acheminer toute l'électricité produite vers le sud, en construisant... d'autres lignes de transport ! À regarder nos gros bonnets de la politique procéder à cette mise en chantier, j'ai eu la vive impression que pour eux notre patrimoine naturel n'avait aucune importance. Quelle élégance dans le je-m'en-foutisme ! Je ne peux m'empêcher de paraphraser un mauvais slogan de Camille Samson, l'ancien chef des créditistes, un parti ayant disparu du paysage politique québécois depuis belle lurette : « ... les générations précédentes nous ont amenés au bord du gouffre écologique, avec notre vision à court terme, nous ferons un pas en avant... »
Nos représentants et notre élite sont tout de même le reflet de ce que nous sommes. Le lendemain de la conférence de presse, un journaliste écrivait que l'annonce de ce projet avait été un échec cuisant pour les écologistes. J'ai sursauté en lisant ça, car je me disais qu'en fin de compte, c'était l'échec de NOUS TOUS. Quand on aura défiguré de fond en comble notre environnement, il sera très difficile, voire impossible, de réparer les pots cassés.
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